Sévèrement BURNé

J’ai du mal à ne pas faire un peu d’humour quand je traite de sujets graves.

D’où le titre.

Ces regards vides, ces lèvres mordues, ses ongles rongés, ces cernes,  ces membres qui tremblent, ses larmes retenues, ces  « je ne sais pas », ces « je ne me reconnais plus », ces « je ne sais pas ce qui s’est passé », ces « je ne vois pas l’issue », ces « je croyais bien faire » les formules identiques de petits soldats plus du tout au garde-à-vous, effondrés, repliés sur eux-mêmes, perdus dans la vie et dans la traduction, errants, souvent amaigris, des fantômes d’eux-mêmes. Plus rien ne fonctionne. Ils ne présentent pas que des brûlures superficielles, non, ça c’était il y a quelques mois, quelques années parfois… aujourd’hui ils sont brûlés de l’intérieur mais personne ne veut ou ne peut le voir, surtout pas au travail, et aussi ils donnent le change, encore un peu, ils ont l’habitude, les rois de l’armure et de la carapace.

Enfin ils donnaient le change, car maintenant, même ça c’est du passé… ils ont pété un câble au bureau, mis un coup de poing dans une porte ou giflé leur collègue, ils ont oublié leur enfant dans la voiture, à l’école, dans le supermarché, ils sont restés sur le quai d’une gare, ils ont essayé de pleurer ils n’ont pas pu. Ils ont essayé de ne plus pleurer, ils n’ont pas pu. Pourquoi ce vide ? qui a éteint la lumière ? ma tête veut y aller mais mon corps ne répond plus. Y’a t’il un pilote ?85e1b70ff2f6a95c7ae4c3f4d5ecb409

Il y avait un pilote… un pilote automatique même… tellement automatique qu’il ne s’est pas rendu compte des signaux, des alarmes, des sonneries retentissantes du stress et du manque de sommeil. Il y avait une petite armée en marche, répondant présente à la moindre sollicitation, répondant présente y compris sans sollicitation, s’imposant des cadences infernales, transformant l’agenda en un QG militaire. Et puis il y avait les autres…l’enfer… leurs exigences, leurs humiliations, leurs phrases assassines ou leurs compliments manipulateurs, leurs contraintes, leurs urgences, leurs injonctions, leur mauvaise-foi, leur méchanceté, leurs ignominie…eux, à qui pourtant ils continuaient de tout donner, attendant les jours meilleurs ou viendrait… « mais moi j’ai cru  que ça viendrait »… « ce n’est pas possible autrement »… la reconnaissance de leur valeur.

Mais…non…cela ne s’est jamais vraiment produit.

Alors ils sont restés là, avec leur(s) valeur (s)… grands perdants du jeu de putes dans lequel ils ont pris plaisir un moment à participer avant de se rendre compte, sans pouvoir pour autant sans extirper, de l’horrible situation dans laquelle ils avaient accepté inconsciemment de se mettre. Culpabilité. « je le savais mais je ne savais pas faire autrement ».

« Papa ? regarde-moi quand je te parle ».

Non… je ne te regarde plus, car j’en ai perdu l’habitude, car tu me pèses, car tout me pèse…je n’ai plus envie…de rien. Pas même de sortir de mon lit, encore moins de me doucher… pourquoi tout devient si fatiguant et pesant, si difficile. Tiens, je savais faire ça avant, je n’avais pas peur, maintenant je ne peux plus. Je n’en peux plus…

Même aller voir le médecin c’est compliqué. Je n’y vais pas régulièrement, j’ai du mal. Je me force, mais je n’ai plus de forces.

Je suis en burn out

moi qui étais « sévèrement burné »

je suis devenu gravement brûlé, incendié de l’intérieur, BURNé en franglais.

J’ai perdu l’odorat puis le goût, puis l’envie d’aller travailler. Tout s’est enchaîné, le médecin m’a prescrit des antidépresseurs, des anxiolytiques et des somnifères, il m’a conseillé de parler à un psychologue et de voir éventuellement en plus une sophrologue pour apprendre à me détendre et prendre du recul. Et me voilà dans votre cabinet, à vous raconter une vie que je ne comprends pas et dans laquelle je ne suis pas moi.

Une chance, je n’ai pas eu le courage de refuser l’aide… ma tête me disait bien encore un peu que je m’en sortirai tout seul…ou pas.

Voilà, c’est l’histoire d’Alexandre (le très Grand), le burning man rescapé de l’enfer incendiaire. Il va mieux. Il est resté 4 mois en arrêt maladie. Pas facile de dire oui à l’arrêt imposé « que vont penser mes supérieurs et mes collègues »… « je ne me reconnais plus »… bref, vous savez. Et puis il a changé de travail car il ne se sentait pas de retourner là-bas. Un mal pour un bien dit-il aujourd’hui.

4 mois pendant lesquels peu à peu, comme un taureau qui aurait été pris par les cornes, il a appris à sortir du lit pour aller aux rdv médicaux. 4 mois pour redonner du sens à ses sens desquels la dépression l’avait coupé selon ses médecins. 4 mois pour que les Lego de son fils ne soient plus ses ennemis « dis papa, tu joues avec moi ? »

Et puis, à notre 5ème séance il est arrivé au cabinet avec un petit sourire : « je peux vous dire quelque chose ? … je vous préviens, c’est un peu osé »

J’ai fait l’amour hier soir…

 

This is it.

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Je dédie cet article à Marjorie, Alexandre, Ludovic, Sylvain, Agnès, Véronique, Nicole (s), Naema, Sophie, Nathalie, Pierre, Christophe, Laeticia,  Claire et à tous les grands brûlés qui ont pris soin d’eux.

Au moment où j’écris l’article, le gouvernement vient de déposer un projet de loi visant à reconnaître le burn-out comme une maladie professionnelle, obligeant les entreprises à faire face à leurs responsabilités et à prendre soin de leurs salariés. A suivre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Nadine, la guerrière apaisée

 

En mai 2015, Nadine arrive dans mon cabinet poussée par l’envie d’aller mieux et de résister à ce cancer qui la ronge depuis un certain temps. Il faut dire que c’est une récidive et dire aussi que son oncologue n’a pas donné un pronostic favorable quant à la suite de la maladie. Nadine ne sait pas, à ce moment là, si elle sera encore de ce monde pour l’anniversaire de son petit fils en novembre… Elle pèse 42 kilos et a peu de forces.

Pourtant… dès le début de l’entretien je suis surprise par l’énergie folle que je décèle dans ce brin de femme, une vraie flamme dans le regard et une envie forte de se battre. Nadine est une guerrière qui ne lâche pas l’affaire. Elle veut se donner toutes les chances et ne pas baisser les bras.

C’est sur ces intentions qui ressemblent à une déclaration de guerre au cancer que je décide de lui apprendre à faire la paix avec elle-même…

Puisqu’il faut se battre contre la maladie, apprenons à utiliser l’énergie au bon endroit et à bon escient ! Elle ne sait pas encore où la conduiront nos séances, j’avoue que moi non plus, au départ, même si, au fond, l’énergie qu’elle renvoie me donne la force de me battre avec elle et de l’accompagner au mieux.

nadine

Ce qu’elle ne sait pas à ce moment là et qu’elle découvre en lisant cette introduction pour la première fois, c’est qu’elle est entrée dans ma vie (pro ou perso ça n’a pas d’importance) au moment même où je perdais, des suites d’un cancer du poumon, un des êtres auxquels je tiens le plus…troublante synchronicité…

Au fond, je crois que nous avons beaucoup appris l’une de l’autre.

C’est ce chemin à deux, cette alliance, que je vous propose de découvrir aujourd’hui au travers de ses mots.

 

Nadine, qu’est ce qui vous a amenée à la sophrologie et à la pleine conscience ?

Et bien, les premières fois que je suis venue vous voir je n’étais pas en grande forme morale ni physique. Un cancer des intestins s’était déclaré depuis un certain temps, dû à des métastases d’un autre cancer du sein datant de 2001.

A un moment de ma maladie, mon oncologue m’a dit que tout était perdu et fini, on m’avait donné une chimiothérapie palliative…je suis venue vous voir le 2 mai 2015 avec la sensation de toucher le fond.

Je pensais même ne pas être là pour l’anniversaire de mon petit fils en novembre.

Plus généralement ce qui m’a motivée c’est la maladie, l’idée que ma vie filait très vite et que je n’étais pas bien dans ma peau. Je savais qu’il fallait ralentir pour me sentir un peu mieux. Cela devenait une évidence.

L’idée de la sophrologie m’était venue depuis un bon moment, j’avais même acheté un livre, c’était compliqué de pratiquer seule…quand tout a été très mal j’ai eu la sensation de devoir vraiment me battre contre le cancer, la sophrologie a représenté un outil formidable et surtout, de mon point de vue, une arme.

 

Qu’attendiez vous des séances à ce moment là ?

Je ne savais pas. J’attendais un mieux mais je ne savais pas comment ça allait se manifester. J’avais visité votre site internet mais je ne savais pas à quoi m’attendre. Je venais un peu en territoire inconnu. C’est donc vierge de tout a priori que j’ai poussé la porte du cabinet.

Pourtant, dès les premières séances, j’ai tout absorbé comme un buvard : le déroulement de la séance, le fait de discuter de l’état physique et moral et même de la progression des soins permet de cibler l’action et c’est appréciable.

 

Qu’avez-vous appris de nos séances de sophrologie et de pleine conscience ?

La sérénité et la conscience du moment présent. J’ai appris avec vous à vraiment vivre « ici et maintenant », je fais des projets et parfois je m’inquiète mais j’apprécie beaucoup plus le moment présent et je relativise davantage. C’est très nouveau pour moi. J’étais une grande angoissée, je le suis encore un peu mais je gère et me fais moins de soucis. J’ai pris beaucoup de distance y compris avec la maladie.

Il y a une idée d’accepter les choses et de ne pas se révolter pour tout et pour rien, de ne pas aller à l’encontre, c’est une forme de combat pacifique que j’ai appris et comme vous le dites depuis le début : « être plus qu’avoir ». J’ai compris que je n’étais pas ma maladie.

 

Quelles sont les nouvelles du point de vue de votre santé ?

Elles sont excellentes ! Comme vous le savez maintenant, je suis allée voir mon oncologue jeudi dernier, deux jours après notre entretien, avec le dernier PET-scan qui était prometteur et il m’a confirmé une rémission totale.

Depuis environ 1 mois je répondais positivement au traitement de chimiothérapie orale et hormonothérapie. J’ai retrouvé de l’énergie, j’ai faim ! ce qui est nouveau. Depuis que je me sens mieux j’ai également retrouvé un excellent moral. J’en profite et ça durera ce que ça durera. J’ai repris du poids, et je l’ai stabilisé.

La séance de méditation de pleine conscience sur l’alimentation m’a fait un bien fou. Je reprends gout à la nourriture

A chacune de vos séances, j’ai été scotchée par la nouveauté, l’absence de routine dans l’apprentissage ciblé. On a travaillé, les tensions psycho-corporelles-émotionnelles, la respiration, le sommeil, la douleur, l’énergie, l’immunité, et j’ai appris à manger en conscience. Tous ces thèmes étaient ciblés et adaptés à mon besoin

Je retiens que votre métier demande de l’empathie et de la réceptivité, le faire avec un livre n’apportera jamais ce contact et ce sentiment que le thérapeute comprend et cible son protocole en fonction de nos problématiques. Avec vous j’ai tout de suite eu confiance et je ne me suis pas posée de questions, je mesure à quel point c’est important.

Vous avez fait exactement ce qu’il fallait pour moi.

Ce fut une super belle découverte.

 

Et votre conclusion ? ou plutôt votre nouveau départ, nouveau regard ?

Ne jamais baisser les bras, rien ne dit quand ni comment ça se terminera d’ou l’intérêt de ne pas “partir” sans se battre.  Cela permet de garder l’espoir et de durer. En mai je me suis peut être dit que je partirai mais pas sans me battre. Ce que j’ai fait !…et aujourd’hui les nouvelles sont bonnes.

Dans mon cas, la maladie m’a fait du bien, mon corps m’a envoyé un message et je me suis recentrée, c’est un mal pour un bien. Tout le monde ne connaît pas cette issue favorable, j’en suis consciente, mais sur moi ça a été salvateur.

Maintenant j’ai besoin de consolider car j’ai conscience que je peux recommencer à ne plus m’occuper aussi bien de moi, ça va très vite de reprendre ses vieilles habitudes quand on va mieux et ça, je ne le veux absolument pas.

 

Qu’est-ce que je peux vous souhaiter Nadine maintenant?

L’idéal ce serait de me souhaiter que la rémission totale de ce cancer marque la fin de mon cancer et de rester là le plus longtemps possible et dans le meilleur état possible.

La guérison totale, en fait,  je n’y crois pas vraiment mais je peux continuer à me battre et à vivre avec tout ça sans peurs pour rester auprès des miens le plus longtemps possible.

Je sais que c’est là…mais je vais mieux.

 

Merci Nadine

Du fond du coeur.

Nadine partage son expérience sur un blog que je vous invite à découvrir :

https://alarechercheducolonperdu.wordpress.com/2016/01/11/bonjour-a-tous/

To live or not to live…pleinement conscient

RENCONTRE ! #ITW

Stéphanie Rivier, dirigeante depuis une dizaine d’années, de Mille et une Feuille et de Mes ateliers SEO, conjugue au présent et avec une énergie débordante, une seule et même vie pro et perso. Cette année, tout en continuant de déborder d’idées pour ses entreprises, elle a décidé de s’accorder du temps de qualité et de trouver son équilibre dans le sport, dans les sorties, les voyages et auprès de sa famille, ses “essentiels” comme elle les appelle.

Il manquait une corde à son arc. Une corde totalement raccord avec ses motivations et ses objectifs. Apprendre les mécanismes du stress pour les comprendre. C’est sur ces bonnes intentions qu’elle est venue à moi pour participer à ma formation gestion du stress et des émotions dédiée aux entrepreneurs. Ce fut une rencontre aussi inattendue que magique car , dès notre premier rdv, je me suis rendue compte que j’avais aussi besoin de ses compétences pour la mise en beauté et en visibilité de mon nouveau site internet. Nous avons décidé de travailler ensemble.

Très vite, j’ai perçu que Stéphanie avait une curiosité aiguisée et une aptitude plutôt naturelle à vivre les instants de sa vie en pleine conscience, malgré les tempêtes et les grands vents. Je lui ai proposé de lui apprendre les différentes étapes de la méditation de Pleine Conscience.

Elle utilise désormais la méthode dans sa vie pro et perso chaque jour. J’ai eu envie de la rencontrer pour qu’elle nous parle de son sentiment sur cet apprentissage hors normes. Eclairages !

Stéphanie, pourquoi avoir choisi cette formation ?

STEPHANIE RIVIER

Stéphanie Rivier

Je suis venue à la formation gestion du stress pour les entrepreneurs… à l’intuition, sans savoir ce que je venais chercher vraiment.

J’y ai appris les mécanismes physiologiques du stress et des émotions, le fonctionnement cérébral et neurologique autour de nos réactions psycho-corporelles et émotionnelles. Souvent on pense que le stress est négatif alors qu’il est une réponse naturelle de notre organisme, j’ai voulu faire la formation de base gestion du stress
pour apprendre. La formation m’a ouvert les yeux là-dessus. Le stress n’est pas toujours négatif, il peut même être moteur et source de motivation.

Compte tenu de mes aptitudes personnelles et de l’intuition que nous avions du travail à faire ensemble, nous avons évolué très rapidement, vers l’apprentissage de la pleine conscience, j’ai trouvé ça totalement cohérent avec ce que je considère comme important pour moi.

Au final ça m’a apporté bien plus que ce que je ne pensais.

Qu’as-tu trouvé dans cet apprentissage ?

Ma réponse à beaucoup d’interrogations.

D’abord, cela a confirmé le fait que j’étais dans le vrai. Que mon mode de vie et mes valeurs profondes me conduisaient sur la bonne voie et cela a réveillé mon envie de continuer et de renforcer l’apprentissage afin de pratiquer la pleine conscience non plus seulement instinctivement, comme je le faisais avant, mais de l’inclure dans une philosophie de vie avec la méthode apprise.

Je pensais que la méditation était rattachée à une forme de religion mais maintenant que je sais que ce n’est pas le cas, cela a fait tomber les barrières limitantes qui m’empêchaient d’approfondir, par l’apprentissage, une aptitude naturelle.

J’ai appris comment prendre du recul en faisant taire le bavardage de l’esprit, parce que je suis une « zébulon du cerveau », j’ai beaucoup d’idées, je pense beaucoup, je mets en place des stratégies pour mes clients, je dois avoir des idées et je dois les avoir …vite !

Aujourd’hui, mes ampoules sont toujours allumées mais mon cerveau, physiquement, bouillonne moins ce qui ne me rend pas moins performante ou créative, bien au contraire.

Quels sont les bienfaits de l’apprentissage de la Pleine Conscience maintenant que tu as vécu l’expérience ?

S’autoriser à se poser d’une autre manière. Moi qui prenais déjà du temps pour moi et ma famille, j’ai découvert un autre espace temps, avec plus de dimension intérieure. Une vraie pause pour soi. Cela m’a permis de prendre de la hauteur et d’ouvrir ma conscience à d’autres dimensions.

Je ressens plus d’insouciance et de légèreté dans mon quotidien.

J’ai une seule et même vie (pro et perso) bien remplie, je me rends compte que j’ai le bonheur d’avancer maintenant de manière plus fluide, plus tranquille.

Est-ce que cela débouche sur d’autres envies ?

L’envie de continuer à progresser, car j’ai compris que c’est un travail de longue haleine et le travail d’une vie. Tes séances sont avec moi dans mon Iphone , c’est un geste très symbolique, j’en ai fait une playlist. Ainsi, j’emporte nos séances et le travail partout, c’est accessible tout le temps, je peux aujourd’hui faire sans mais j’ai la chance d’avoir ce support et j’ai aussi compris pourquoi les bouquins que j’avais acheté auparavant ne me parlaient pas, les audios non plus.

C’est parce que je ne l’avais pas personnellement vécu.

Maintenant que je l’ai vécu et expérimenté, quand je réécoute mes séances, je sais que je vis un moment bien à moi, ciblé et personnel. C’est bien différent que d’aller chercher des infos dans les livres ou dans les applis Iphone.

Qu’est-ce qu’il te manque aujourd’hui pour progresser ?

Il ne me manque plus rien à part une méthode sur la Pleine Conscience écrite par Christine Bugarin !

J’avais pris des notes lors de nos séances et j’ai fini de tout recopier récemment sur mes petits carnets de couleur. J’ai eu plaisir à tout relire et je les garde précieusement en plus de la playlist.

J’ai le sentiment d’avoir beaucoup appris sur l’état méditatif, un chemin que j’ai couplé avec le sport et d’autres démarches.

Cette diversité donne un résultat très positif.

 

Itw réalisée le 12 janvier 2016 au cabinet de sophrologie hypnose et pleine conscience, Maison médicale du Cerisier, 9 Rue de la Marne, 91160 Longjumeau

 

 

 

 

Good bye Bree Van de Kamp

Ils ne le savent pas mais les perfectionnistes me touchent.

Et comme ils n’y a pas de hasard, 40 % de mes patients au cabinet présentent ce profil.

Ils viennent pour un symptôme au départ : acouphènes, hyperacousie, difficultés de concentration et de mémoire, angoisse, mal-être… souvent ils ne savent pas ce qui leur arrive, ne se reconnaissent pas et n’en peuvent plus.

Ils me touchent car je sais que la démarche de venir dire (pour ne pas dire avouer) que tout un n’est pas parfait pour un perfectionniste c’est comme prendre la parole en public pour un timide. Une épreuve… d’autant que la plupart du temps, par peur de ne plus être dans l’excellence, le perfectionniste va repousser les échéances. La prise en charge est donc souvent tardive.

Pourtant quand je leur pose la question « pensez-vous que vous êtes un poil perfectionniste ? » systématiquement la réponse est « oui ! »… un grand OUI, presque crié dans une forme de soulagement. Quelqu’un vient de comprendre le problème. Car le perfectionniste a conscience de son profil mais ne sait pas faire autrement et encore moins en parler.

Pourquoi s’intéresser au désir de perfection comme à ce qui peut être dans certains cas assimilé à un trouble du comportement parfois pathologique ?

D’abord parce que bien souvent le mot perfection, pour le commun des mortels, est affublé d’une note positive. Untel connait « parfaitement son sujet », ou encore « elle a un corps parfait », « il veut être le premier de sa classe »… Dans une société ou booster l’égo à grand renfort d’excellence devient la norme, les profils perfectionnistes atteignent des niveaux d’attente vis à vis d’eux-mêmes et des autres qui frôlent l’irréalisme.

De là vient la souffrance.

Parce qu’à force de s’imposer des objectifs extrêmes sans jamais savoir doser ses efforts le perfectionniste s’épuise dans une quête de l’inaccessible de laquelle, en plus, il ne sort jamais satisfait.

Certains diront qu’être consciencieux, sérieux, précis sont des qualités. Et j’ajouterai qu’elles sont des qualités jusqu’à ce qu’elles deviennent des défauts.

s1e718Le revers de la médaille est bien l’intensité émotionnelle et la charge matérielle de perfection que ce profil va mettre dans tous ses actes personnels et professionnels. Se jugeant sévèrement et acceptant mal la critique, le perfectionniste ne dose jamais ses efforts jusqu’à l’épuisement, la moindre erreur pouvant être vécue dans les cas les plus difficiles comme une cuisante défaite.

A l’intérieur c’est la guerre.

Si à l’extérieur le perfectionniste semble la personne sur laquelle on peut compter, à l’intérieur c’est la guerre car il enferme systématiquement son ennemi (ses émotions) dans son propre camp. Sans dire ce qui ne va pas comme si un aveu de « défaillance » le mettrait dans une moyenne qui serait insupportable pour lui.

Il n’est pas rare d’ailleurs que ce profil se donne corps et âme dans des activités de peu d’intérêt délaissant les priorités. Pourquoi ? parce qu’il place la barre de ses exigences tellement haut que les objectifs ne sont pas accessibles dans un temps suffisamment court voire pas accessibles du tout.

Alors le perfectionniste abandonne ou remet sans cesse à demain.

Cela s’appelle la procrastination. Le fait de ne pas se mettre en route sur certains « dossiers » urgents ou nécessaires par peur de l’échec. A ne pas confondre avec la flemme. D’ailleurs, petite parenthèse, il faut surveiller de près les enfants  et les ados qui rechignent à découvrir de nouvelles choses ou qui échouent parfois et que l’on étiquette comme « flemmards ». Bien souvent c’est parce qu’il y a un décalage entre ce qui leur est demandé et la charge d’exigence (ou celle de leurs parents) qu’ils s’imposent.

Ne rien faire plutôt que d’échouer.

Insatisfaction, anxiété, culpabilité, peur de l’échec, difficulté avec l’avenir, sentiment d’isolement car souvent blessé dans ses valeurs… Le perfectionniste n’est pas heureux même quand les choses sont bien faites. Cela n’est jamais suffisant.

Dans ma prise en charge au cabinet, je fais « équipe » avec ce profil et pose des éclairages sur des situations ou des comportements sur lesquels la plupart du temps personne n’avait mis de mots.

Je leur fais prendre conscience de l’aspect néfaste de la notion de perfection ce qui induit une remise en question délicate de leur système de valeurs et même la modification de leur mode de pensée. Puisque c’est la guerre chez eux, il faut utiliser les grands moyens !

Sometimes you win , sometimes you learn (Dr Maxwell)

Mais jamais tu ne perds… ainsi, il est nécessaire de réveiller la notion de plaisir et d’estime de soi, d’apprendre au perfectionniste à valoriser les plus petites réussites et faire baisser son niveau d’exigence en l’ aidant à prendre du recul. Pour cela, j’utilise, entre deux éclairages, la sophrologie et la méditation de pleine conscience. Deux formidables outils pour réveiller la conscience d’un état dont les scientifiques disent aujourd’hui qu’il pourrait être héréditaire. De ma petite lorgnette,  je sais qu’il est au mois éducationnel.

Apprendre de ses erreurs prend alors tout son sens.

Se contenter de peu devient une qualité.

aller au plus simple… un positionnement salvateur.

Pour enfin dire « Au revoir » à la Bree Van de Kamp qui s’agite en nous.

La stratégie des Pharaons

Je vous invite à vous glisser dans la peau d’une personne qui souffre d’acouphènes depuis plusieurs mois. Parfois depuis plusieurs années.

Elle décrit sa vie comme un enfer.

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Un monde à part, inaudible pour les autres et dans lequel hurle un concert de sirènes dans sa tête ou dans ses oreilles et particulièrement quand le silence se fait entendre, le soir, au moment du coucher.

Alors elle récite…

Neferkaré, Amenemhat, Thoutmôsis, Aménophis, Ramsès III, IV, V, VI… de la Dynastie zéro à la Dynastie trente voire trente et un, inlassablement, elle se souvient de la liste des Pharaons égyptiens qu’elle connaît par coeur, avec un moment de satisfaction, lorsqu’elle se trompe car cette erreur l’oblige à se concentrer davantage et à faire fonctionner son cerveau d’une autre manière, qui lui permet de prendre de la distance avec le son désagréable de son acouphène. Elle détourne son attention du son à sa manière.

Cette personne je la connais. Elle vient à mon cabinet pour comprendre et apprendre, elle est envoyée par son ORL et son médecin. Elle n’en peut plus mais elle a de la ressource, celle de l’humour notamment.

La stratégie des Pharaons, c’est comme cela que nous avons intitulé la séance d’avant-hier.  Ça nous a fait bien rire même si il n’y a rien de drôle dans cette situation qui n’est pas, sauf mention contraire, une urgence médicale mais qui empoisonne l’existence au point que certaines personnes tombent en dépression. Les ORL ont du mal avec ce problème. Dans le pire des cas, ils sont impuissants et ne font rien, dans le meilleur des cas, ils orientent vers une psychothérapie et la sophrologie pour les acouphènes.

Pour ma part, j’ai choisi depuis 3 ans de me spécialiser  dans cette prise en charge qui nécessite un médecin, un ORL, un psy , un sophrologue et un audioprothésiste parfois. C’est un travail collégial et pluridisciplinaire qui permet au patient d’être moins seul avec sa problématique et de trouver du confort en apprenant à s’habituer au son qui devient au fil de la thérapie, de moins en moins pénible jusqu’à passer au second plan. C’est ce qu’on appelle le phénomène d’habituation.

La sophrologie pour les acouphènes est particulièrement indiquée pour apaiser les tensions que la pénibilité du bruit génère. Parfois il y a une perte auditive , un vieillissement de l’oreille, ou autre pathologie, parfois il n’y a rien… Et c’est encore plus troublant. On sait que l’émotion augmente les tensions et contribuent à la focalisation excessive sur l’acouphène accroissant ainsi son intensité.

Au cabinet, je vous apprends, grâce à des exercices simples et facilement reproductibles, à vous défaire des angoisses, à vous habituer au bruit puis à le faire passer au second plan pour qu’à la fin il prenne moins d’importance. Cela ne marche pas à tous les coups mais on arrive très souvent à de bons résultats.

Ne restez pas impuissants.

Il se peut qu’un jour, cela devienne juste un mauvais souvenir.

Se coucher tard… nuit !

Une fois n’est pas coutume je vais arrêter de vous briser les mirettes avec mes histoires personnelles pour vous parler d’un thème qui me tient à coeur :

le sommeil.

Il est un des thèmes principaux abordés dans mon cabinet et l’objet de centaines de séances depuis le début de mon activité pour les personnes qui me font confiance et qui prennent rdv à la maison médicale du Cerisier à Longjumeau.

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« J’ai dormi comme un bébé… »

« Je me suis réveillée à 4h du matin comme une chouette »

« je me suis écroulée comme une m…. »

« j’ai pas fermé l’oeil de la nuit »

La verbalisation des troubles du sommeil fait office de conte pour dormir d’ailleurs tant la liste est longue (et imagée).

Mais l’heure n’est pas tout à fait à la rigolade car le sujet est grave. Je reçois des personnes shootées aux somnifères, dans le meilleur des cas prescrits sous ordonnance par un médecin avisé, dans le pire achetés sur internet ou empruntés à Tata Viviane, auxquels on associe en complément, après avoir lu les plus beauuuxxx articles sur le sommeil qui circulent sur le net, de la mélatonine associée à des plantes et autre forme de complément pour zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

Bref, j’ai failli m’endormir tant ma phrase est longue 🙂

Bon, reprenons les bases : le sommeil est naturel et vital. Normalement il vient tout seul quand on est fatigué.

il peut être troublé quand la vie nous donne toutes les raisons d’être tendu ou stressé. Il peut être troublé quand on est malade, et gravement troublé quand on est gravement malade. Le manque de sommeil diminue les performances intellectuelles, physiques, il fait grossir, il déprime, bref … tout ça vous le trouverez dans tous les bons bouquins traitant le sujet.

il se dérègle surtout quand on donne à son cerveau l’injonction de perfection qui consisterait presque à dire « dors ! je le veux » à un organe qui va stresser et remonter en vigilance alors que le sommeil nécessite l’accès aux ondes cérébrales alpha de l’apaisement (elles sont quantifiables par un électro-encéphalogramme mais je n’en ai pas sous la main).

Mon conseil

Oubliez les dictats ! « je n’ai pas mon quotat de sommeil », « je ne dors pas mon compte », « je me couche tôt pour récupérer », « ma stratégie est de ne pas faire de sieste pour ne pas avoir de difficultés à m’endormir ce soir », « je veux le noir et le silence absolus » ….

Chaque stratégie de sommeil est vouée à un échec car le sommeil demande du lâcher-prise (c’est le seul moyen de passer du conscient à l’inconscient (si, si, je vous assure). En maintenant des injonctions, vous mettez en danger l’équilibre fragile du sommeil surtout chez l’enfant, l’ado, l’adulte, et encore plus le sénior… bref, chez tout me monde !

Que faire ?

Laissez-faire !

Ou alors venez me voir dans mon cabinet pour 4 ou 5 séances de sophrologie pour le sommeil et la compréhension des mécanismes du sommeil et un protocole d’entraînements adaptés (et naturels !) pour arriver à chasser les mille idées qui tournent en boucle dans le computer qui vous sert de cerveau (comme si à 4h du matin vous étiez top efficace tous les jours pour préparer la journée de demain), pour que les avions de vos pensées négatives ou ruminantes décollent sans vous (montez dans la tour de contrôle et regardez-les décoller sans vous, c’est mieux…), enfin, pour que vous déculpabilisiez de ne pas savoir faire tout ça…

C’est normal ! personne ne vous l’a encore appris. Et surtout pas vos parents (y compris les miens) qui vous couchaient à 20h00 à l’âge de 13 ans sans autorisation de lire au mois de juillet quand le soleil est encore haut et que les copains (de parents indignes !) jouaient dehors.

Le sommeil est aussi… une histoire personnelle

Je vous laisse car il est 00:33

Et comme disait Raymond Devos : « Se coucher tard… nuit ! »

Bonne nuit