Nadine, la guerrière apaisée

 

En mai 2015, Nadine arrive dans mon cabinet poussée par l’envie d’aller mieux et de résister à ce cancer qui la ronge depuis un certain temps. Il faut dire que c’est une récidive et dire aussi que son oncologue n’a pas donné un pronostic favorable quant à la suite de la maladie. Nadine ne sait pas, à ce moment là, si elle sera encore de ce monde pour l’anniversaire de son petit fils en novembre… Elle pèse 42 kilos et a peu de forces.

Pourtant… dès le début de l’entretien je suis surprise par l’énergie folle que je décèle dans ce brin de femme, une vraie flamme dans le regard et une envie forte de se battre. Nadine est une guerrière qui ne lâche pas l’affaire. Elle veut se donner toutes les chances et ne pas baisser les bras.

C’est sur ces intentions qui ressemblent à une déclaration de guerre au cancer que je décide de lui apprendre à faire la paix avec elle-même…

Puisqu’il faut se battre contre la maladie, apprenons à utiliser l’énergie au bon endroit et à bon escient ! Elle ne sait pas encore où la conduiront nos séances, j’avoue que moi non plus, au départ, même si, au fond, l’énergie qu’elle renvoie me donne la force de me battre avec elle et de l’accompagner au mieux.

nadine

Ce qu’elle ne sait pas à ce moment là et qu’elle découvre en lisant cette introduction pour la première fois, c’est qu’elle est entrée dans ma vie (pro ou perso ça n’a pas d’importance) au moment même où je perdais, des suites d’un cancer du poumon, un des êtres auxquels je tiens le plus…troublante synchronicité…

Au fond, je crois que nous avons beaucoup appris l’une de l’autre.

C’est ce chemin à deux, cette alliance, que je vous propose de découvrir aujourd’hui au travers de ses mots.

 

Nadine, qu’est ce qui vous a amenée à la sophrologie et à la pleine conscience ?

Et bien, les premières fois que je suis venue vous voir je n’étais pas en grande forme morale ni physique. Un cancer des intestins s’était déclaré depuis un certain temps, dû à des métastases d’un autre cancer du sein datant de 2001.

A un moment de ma maladie, mon oncologue m’a dit que tout était perdu et fini, on m’avait donné une chimiothérapie palliative…je suis venue vous voir le 2 mai 2015 avec la sensation de toucher le fond.

Je pensais même ne pas être là pour l’anniversaire de mon petit fils en novembre.

Plus généralement ce qui m’a motivée c’est la maladie, l’idée que ma vie filait très vite et que je n’étais pas bien dans ma peau. Je savais qu’il fallait ralentir pour me sentir un peu mieux. Cela devenait une évidence.

L’idée de la sophrologie m’était venue depuis un bon moment, j’avais même acheté un livre, c’était compliqué de pratiquer seule…quand tout a été très mal j’ai eu la sensation de devoir vraiment me battre contre le cancer, la sophrologie a représenté un outil formidable et surtout, de mon point de vue, une arme.

 

Qu’attendiez vous des séances à ce moment là ?

Je ne savais pas. J’attendais un mieux mais je ne savais pas comment ça allait se manifester. J’avais visité votre site internet mais je ne savais pas à quoi m’attendre. Je venais un peu en territoire inconnu. C’est donc vierge de tout a priori que j’ai poussé la porte du cabinet.

Pourtant, dès les premières séances, j’ai tout absorbé comme un buvard : le déroulement de la séance, le fait de discuter de l’état physique et moral et même de la progression des soins permet de cibler l’action et c’est appréciable.

 

Qu’avez-vous appris de nos séances de sophrologie et de pleine conscience ?

La sérénité et la conscience du moment présent. J’ai appris avec vous à vraiment vivre « ici et maintenant », je fais des projets et parfois je m’inquiète mais j’apprécie beaucoup plus le moment présent et je relativise davantage. C’est très nouveau pour moi. J’étais une grande angoissée, je le suis encore un peu mais je gère et me fais moins de soucis. J’ai pris beaucoup de distance y compris avec la maladie.

Il y a une idée d’accepter les choses et de ne pas se révolter pour tout et pour rien, de ne pas aller à l’encontre, c’est une forme de combat pacifique que j’ai appris et comme vous le dites depuis le début : « être plus qu’avoir ». J’ai compris que je n’étais pas ma maladie.

 

Quelles sont les nouvelles du point de vue de votre santé ?

Elles sont excellentes ! Comme vous le savez maintenant, je suis allée voir mon oncologue jeudi dernier, deux jours après notre entretien, avec le dernier PET-scan qui était prometteur et il m’a confirmé une rémission totale.

Depuis environ 1 mois je répondais positivement au traitement de chimiothérapie orale et hormonothérapie. J’ai retrouvé de l’énergie, j’ai faim ! ce qui est nouveau. Depuis que je me sens mieux j’ai également retrouvé un excellent moral. J’en profite et ça durera ce que ça durera. J’ai repris du poids, et je l’ai stabilisé.

La séance de méditation de pleine conscience sur l’alimentation m’a fait un bien fou. Je reprends gout à la nourriture

A chacune de vos séances, j’ai été scotchée par la nouveauté, l’absence de routine dans l’apprentissage ciblé. On a travaillé, les tensions psycho-corporelles-émotionnelles, la respiration, le sommeil, la douleur, l’énergie, l’immunité, et j’ai appris à manger en conscience. Tous ces thèmes étaient ciblés et adaptés à mon besoin

Je retiens que votre métier demande de l’empathie et de la réceptivité, le faire avec un livre n’apportera jamais ce contact et ce sentiment que le thérapeute comprend et cible son protocole en fonction de nos problématiques. Avec vous j’ai tout de suite eu confiance et je ne me suis pas posée de questions, je mesure à quel point c’est important.

Vous avez fait exactement ce qu’il fallait pour moi.

Ce fut une super belle découverte.

 

Et votre conclusion ? ou plutôt votre nouveau départ, nouveau regard ?

Ne jamais baisser les bras, rien ne dit quand ni comment ça se terminera d’ou l’intérêt de ne pas “partir” sans se battre.  Cela permet de garder l’espoir et de durer. En mai je me suis peut être dit que je partirai mais pas sans me battre. Ce que j’ai fait !…et aujourd’hui les nouvelles sont bonnes.

Dans mon cas, la maladie m’a fait du bien, mon corps m’a envoyé un message et je me suis recentrée, c’est un mal pour un bien. Tout le monde ne connaît pas cette issue favorable, j’en suis consciente, mais sur moi ça a été salvateur.

Maintenant j’ai besoin de consolider car j’ai conscience que je peux recommencer à ne plus m’occuper aussi bien de moi, ça va très vite de reprendre ses vieilles habitudes quand on va mieux et ça, je ne le veux absolument pas.

 

Qu’est-ce que je peux vous souhaiter Nadine maintenant?

L’idéal ce serait de me souhaiter que la rémission totale de ce cancer marque la fin de mon cancer et de rester là le plus longtemps possible et dans le meilleur état possible.

La guérison totale, en fait,  je n’y crois pas vraiment mais je peux continuer à me battre et à vivre avec tout ça sans peurs pour rester auprès des miens le plus longtemps possible.

Je sais que c’est là…mais je vais mieux.

 

Merci Nadine

Du fond du coeur.

Nadine partage son expérience sur un blog que je vous invite à découvrir :

https://alarechercheducolonperdu.wordpress.com/2016/01/11/bonjour-a-tous/

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